De l’astrophysique à la génétique, de nouveaux chemins d’humanisation
La paix des braves. Francis S. Collins, un des pères du «projet génome humain» (HOP) qui aboutit, il y a dix ans, à une première cartographie des gènes humains, propose une nouvelle trêve dans le vieux conflit entre science et foi. La proposition est d’autant plus intéressante qu’elle vient de ce scientifique de renom dans le milieu souvent très matérialiste de la génétique moléculaire. Son parcours personnel, qui forme une partie de la trame du livre, nous fait saisir d’où vient ce désir: curiosité initiale pour le monde de la science cohabitant avec une indifférence polie pour les approches religieuses ; puis, au contact des grandes questions de la vie auxquelles le matérialisme scientifique peine à répondre, lent apprivoisement avec une conception théiste, jusqu’à une conversion personnelle à la foi chrétienne, en l’occurrence dans sa dénomination évangéhque. Sur sa route, saint Augustin et Ç.S. Lewis auront été des auteurs éclairants pour une réflexion philosophique qui ne veut rien lâcher de l’exigence scientifique. L’ouvrage aborde notamment avec sincérité les points d’achoppement nombreux que la théorie darwinienne continue de susciter dans la société américaine. L’auteur interpelle, du coup, autant l’athéisme militant de certains scientifiques darwiniens que l’incohérence intellectuelle des créationnistes fondamentalistes ou des partisans modérés du « dessein intelligent» (ID). Il propose ainsi une troisième voie, plus harmonieuse, celle d’une «évolution théiste», conciliant autonomie des savoirs et respect bienveillant des niveaux d’expériences du réel et du spirituel.
Francis Collins, médecin, également titulaire d’une thèse en physico-chimie est un pionnier du décryptage du génome. Il a tout d’abord découvert le gêne responsable de la mucoviscidose avant d’être nommé en 1993 directeur du projet international du décryptage du génome humain. [ 

